PROTÉGER LES SALARIÉS ET LES AGENTS EST UNE URGENCE
Les vagues de chaleur ne sont plus des phénomènes isolés. Plus fréquentes, plus longues et plus intenses, elles transforment radicalement nos conditions de travail. Face à cette réalité climatique, l’UNSA monte au créneau pour exiger des mesures fortes.
Les politiques publiques actuelles, tout comme le récent décret du 1er juillet 2025, ne suffisent plus à garantir la sécurité des travailleurs face aux températures extrêmes. C’est pourquoi l’UNSA a décidé de renforcer ses revendications. L’objectif ? Obtenir des droits effectifs et protecteurs pour la santé de toutes et tous.
Les faits : Une menace de plus en plus lourde
Les dix dernières années sont parmi les plus chaudes jamais enregistrées en France. Depuis l’an 2000, ce sont 38 vagues de chaleur qui ont frappé le pays, avec des épisodes désormais plus précoces, plus longs, et dépassant régulièrement les 40°C dans plusieurs régions.
Les conséquences sur la santé des travailleurs sont dramatiques :
- Des décès au travail : 55 décès liés à la chaleur ont été recensés entre 2018 et 2024 par la Direction générale du Travail (un chiffre très probablement sous-estimé en raison des complications tardives).
- Hausse des accidents du travail : Le risque d’accident augmente de 5 à 7% au-dessus de 30°C, et bondit de 10 à 15% au-dessus de 38°C (données CES).
- Risques accrus pour la santé : Déshydratation rapide, baisse de vigilance, maladies cardiovasculaires, respiratoires, ou encore rénales chroniques.
Un enjeu économique majeur Protéger les travailleurs, c’est aussi protéger l’économie. Pertes de productivité, accidents, absentéisme et dégradations des infrastructures pourraient coûter jusqu’à 210 milliards d’euros à l’économie française d’ici 2030. Investir dans la prévention coûtera toujours moins cher que de réparer les conséquences.
Ce que dit la science : Les seuils de danger (INRS)
L’UNSA ne revendique pas au hasard. Elle s’appuie sur des données scientifiques solides, notamment celles de l’INRS :
- Dès 28°C : Le travail physique présente un risque pour la santé.
- Dès 30°C : Ce risque s’étend également au travail sédentaire.
- Au-delà de 33°C : La chaleur constitue un véritable danger.
Ces seuils doivent impérativement être croisés avec des facteurs aggravants tels que l’humidité, le rayonnement solaire, le manque de ventilation, ou encore le port d’équipements de protection.
Les 5 revendications d’urgence de l’UNSA
Face à l’urgence climatique et sanitaire, l’UNSA exige de nouvelles normes de protection :
- Dès 28°C : Équipements rafraîchissants et dispositifs d’alerte obligatoires pour les travailleurs les plus exposés (extérieur, isolé, métiers soumis à de fortes chaleurs). Les gilets rafraîchissants doivent être considérés comme de véritables Équipements de Protection Individuelle (EPI). Les alertes (ex: montres connectées) doivent déclencher un retrait immédiat de l’activité en cas de danger.
- Dès 28°C : Limiter le travail isolé, et l’interdire strictement au-delà de 30°C pour éviter tout drame en cas de malaise sans collègue à proximité.
- Au-delà de 35°C : Arrêt du travail en extérieur, à l’exception des missions indispensables de secours et de sécurité.
- Maintien des locaux professionnels sous 28°C avec une ventilation et un renouvellement de l’air adaptés.
- Un Plan Canicule et Fortes Chaleurs obligatoire pour toute structure de plus de 11 salariés. Élaboré avec les représentants du personnel, il doit prévoir l’adaptation des horaires, des pauses supplémentaires, l’identification des personnes exposées et les procédures d’urgence.
Représentants du personnel : Passez à l’action !
Dès les premiers épisodes de fortes chaleurs, les représentants UNSA doivent exiger de leur employeur :
- La réunion immédiate du CSE, CSA ou des instances de santé au travail.
- La mise à jour du document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP).
- L’adaptation immédiate des horaires (décalage des prises de poste) et le renforcement des temps de pause.
- La mise à disposition d’eau fraîche, d’équipements rafraîchissants et de salles climatisées.
- Le recours facilité au télétravail lorsque les activités le permettent.
L’ambition de l’UNSA est double : obtenir immédiatement des mesures de protection adaptées et engager une transformation durable de l’organisation du travail. La santé des travailleurs doit devenir une priorité absolue dans toutes les organisations.
Vous avez une question ou besoin d’appui ? Contactez-nous à : santetravail-qvct@unsa.org
