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Selon une étude récente, 55 % des salariés présentent des signes d’un épuisement professionnel. Pourtant, une majorité d’entre eux ne mesurent pas la dégradation de leur santé mentale. Un constat qui pour l’UNSA confirme la nécessité de renforcer la prévention et de mieux former les managers à la détection des risques psychosociaux.
Le burn-out reste difficile à identifier, y compris par les personnes qui en souffrent. Selon une étude récente, 55 % des salariés présenteraient des signes d’un épuisement professionnel, dont plus de deux sur cinq à un niveau important à sévère. Pourtant, parmi les salariés concernés, près de deux tiers jugent leur santé mentale bonne (36 %) ou ni bonne ni mauvaise (32 %). Ce décalage entre les manifestations de l’épuisement et la perception qu’en ont les intéréssés interroge sur la capacité à repérer les signaux d’alerte suffisamment tôt et à agir avant que la situation ne se dégrade.
Les managers sont également en première ligne face à ces situations, sans toujours disposer des moyens nécessaires pour y faire face. Au cours des deux dernières années, 58 % d’entre eux ont compté au moins un membre de leur équipe en burn-out. Pourtant, seuls 21 % se sentent capables d’en repérer les signes avant-coureurs. Les conséquences dépassent la seule personne touchée : 70 % des managers estiment que le burn-out d’un membre de leur équipe alourdit la charge de travail des autres salariés. Pour 69 % d’entre eux, il affecte la motivation générale et, pour 68 %, la cohésion de l’équipe. Ces constats illustrent les effets collectifs de l’épuisement professionnel et la nécessité d’agir sur les conditions de travail plutôt que de faire reposer la prévention sur la seule vigilance individuelle.
La reconnaissance des atteintes à la santé mentale liées au travail doit progresser. Ainsi pour l’UNSA, le burn-out et le bore-out doivent bénéficier d’un tableau de maladie professionnelle pour faciliter la reconnaissance des pathologies des travailleurs concernés. L’UNSA revendique également une meilleure préparation des managers à la prévention des risques psychosociaux (RPS). Cette formation doit leur être accessible dès leur formation initiale et au long de leur parcours professionnel. En parallèle, elle demande que les employeurs financent la formation aux premiers secours en santé mentale (PSSM) des salariés et des agents volontaires qui voudraient en bénéficier.
Pour l’UNSA, la réponse ne peut se limiter au repérage des symptômes ni à la prise en charge des personnes déjà en difficulté. Elle repose sur une prévention collective, engagée en amont de la survenue des atteintes à la santé. Cela suppose de s’attaquer aux causes professionnelles de l’épuisement, d’interroger les organisations du travail et de donner aux salariés les moyens de s’exprimer sur leur activité réelle, ses difficultés et ses contraintes. Pouvoir parler du travail et de son organisation avec les premiers concernés, les travailleurs eux-mêmes, est la condition indispensable pour identifier les risques, construire des réponses adaptées et préserver la santé mentale de toutes et tous.
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