Le Conseil d’orientation des retraites (COR) publie aujourd’hui son rapport annuel. Celui-ci intègre d’importantes mises à jour concernant les hypothèses démographiques et le niveau du solde migratoire. Le constat est clair : malgré un contexte économique et international marqué par de nombreuses incertitudes, il n’y a pas de dérapage des comptes des retraites.
Des chiffres stables malgré les incertitudes économiques
Les nouvelles données retenues par le COR ne modifient pas sensiblement la trajectoire financière du système de retraite à moyen terme. Le déficit resterait ainsi limité à environ 0,2 % du PIB à l’horizon 2030. Dans le même temps, la part de la richesse nationale consacrée aux retraites demeurerait stable, autour de 14 % du PIB.
Le rapport montre également que le niveau de vie des retraités resterait globalement stable dans les prochaines décennies. Toutefois, sa progression serait moins dynamique que celle des actifs à partir de 2030.
Les effets positifs de l’immigration sur l’équilibre des retraites
Au-delà des chiffres, le rapport met en lumière les effets positifs de l’immigration sur l’équilibre des régimes de retraite. Si les perspectives financières du système demeurent relativement stables c’est notamment parce que les nouvelles hypothèses retiennent un solde migratoire plus élevé.
N’en déplaise à l’extrême droite qui ne cesse de stigmatiser les personnes immigrées et de présenter l’immigration comme un coût pour la collectivité, les données du COR valident une réalité documentée, les travailleurs immigrés :
participent à la création de richesses,
cotisent à notre protection sociale,
et contribuent au financement des retraites.
Loin des caricatures et des discours de rejet, les faits démontrent que l’immigration constitue également un atout pour relever les défis démographiques auxquels notre pays est confronté.
L’UNSA dénonce l’instrumentalisation des projections long terme
Pour l’UNSA, l’analyse du seul solde financier des retraites ne saurait suffire à résumer les enjeux. Les projections du COR reposent sur de nombreuses hypothèses : évolution du solde migratoire, gains de productivité, niveau du chômage, croissance économique ou encore paramètres démographiques. Ces variables influencent fortement les résultats présentés.
L’UNSA rappelle également que les projections réalisées au-delà de 2040 doivent être considérées avec beaucoup de prudence. Prétendre anticiper avec précision l’évolution des cotisations, de l’âge de départ à la retraite ou encore des équilibres financiers à un horizon aussi lointain relève davantage de l’exercice théorique que de la prévision fiable. L’actualité récente démontre à quel point les paramètres économiques, sociaux et géopolitiques peuvent évoluer rapidement. En l’espace de dix ans seulement, notre pays a dû faire face à la crise sanitaire du Covid-19, à la guerre en Ukraine ainsi qu’au conflit au Moyen-Orient, autant d’événements majeurs qui ont profondément modifié les perspectives économiques mondiales.
Dans ce contexte d’incertitudes, avancer des scénarios alarmistes sur un éventuel recul supplémentaire de l’âge légal de départ à la retraite n’a guère de sens, si ce n’est alimenter les inquiétudes des Français. Pour l’UNSA, cette utilisation de projections de très long terme pour justifier à l’avance de nouvelles reformes injustes est inacceptable.
Le rapport du COR montre au contraire que les comptes du système de retraite demeurent globalement maîtrisés jusqu’à l’horizon 2040, avec un déficit contenu et une part des dépenses de retraite stable dans la richesse nationale. Dès lors, rien ne justifie aujourd’hui l’ouverture d’une nouvelle réforme des retraites fondée sur une prétendue urgence financière. Pour l’UNSA, le moment n’est pas à une nouvelle réforme des retraites mais à la recherche de solutions permettant d’améliorer l’emploi, les salaires et les conditions de travail afin de consolider durablement le financement de notre protection sociale.
Pour une vision globale pour des solutions durables
Parler des retraites, c’est donc aussi parler d’emploi, de qualité du travail, de politique économique, de démographie et d’intégration. La pérennité de notre système de retraite dépend avant tout de notre capacité collective à maintenir un niveau élevé d’activité et d’emploi. C’est pourquoi l’UNSA défend une approche globale fondée sur la justice sociale, l’amélioration de l’emploi des jeunes et des seniors, ainsi que le renforcement des politiques favorisant l’activité et la cohésion sociale.
C’est précisément l’ambition de la conférence sur le travail, l’emploi et les retraites à laquelle participe l’UNSA. Plutôt que de réduire le débat à une approche comptable ou à la seule question de l’âge de départ, cette démarche vise à appréhender l’ensemble des facteurs qui conditionnent l’avenir de notre système de retraite : l’emploi des jeunes et des seniors, les conditions de travail, les parcours professionnels, les salaires, la productivité ou encore les évolutions démographiques. Pour l’UNSA, cette vision globale constitue la bonne méthode pour construire des solutions durables, efficaces et socialement justes.
Au moment où certains cherchent à instrumentaliser les questions migratoires pour opposer les populations entre elles, le rapport du COR rappelle qu’aucune politique de retraite ne peut être pensée indépendamment des réalités économiques, sociales et démographiques du pays. Face aux défis du vieillissement, l’UNSA défend un débat public fondé sur les faits, la solidarité et la cohésion sociale plutôt que sur les peurs, les stigmatisations et les faux procès en irresponsabilité budgétaire.
