Unsa SPECTCOM

La Commission des comptes de la Sécurité sociale, réunie ce 28 mai, confirme un déficit pour 2025 moins élevé qu’anticipé. Pour autant, la situation reste fragile. Les projections pour 2026 annoncent un creusement du déficit, dans un contexte international susceptible d’accentuer encore les tensions financières. Pour l’UNSA, cette situation résulte avant tout d’un déséquilibre durable entre des recettes insuffisantes et des dépenses en hausse pour répondre aux besoins.

Certaines dépenses ont été légitimement renforcées, notamment à travers les mesures du Ségur de la santé, que l’UNSA a toujours soutenues. Mais leur financement repose aujourd’hui largement sur la Sécurité sociale, sans compensation pérenne de l’État. L’UNSA réaffirme donc une exigence claire : toute dépense imposée à la Sécurité sociale doit être intégralement compensée.
Les défis sont nombreux : vieillissement de la population, progression des maladies chroniques, hausse du coût des traitements innovants. Face à cette réalité, il est indispensable de faire évoluer notre modèle en plaçant la prévention au cœur des politiques publiques et de renforcer la coordination entre tous les acteurs, notamment en faisant de l’entreprise un véritable lieu de prévention primaire.
Dans cette logique, une coopération accrue entre les branches de la Sécurité sociale permettrait d’accompagner les assurés de manière plus fluide tout au long de leurs parcours de vie, en articulant mieux les interventions et en évitant les ruptures de prise en charge. L’exemple du congé de naissance, qui mobilise simultanément la branche maladie, la branche famille et les employeurs, illustre la pertinence de dispositifs transversaux mieux pilotés. Cependant, pour être efficace, cette approche intégrée, fondée sur la mutualisation des moyens, le partage des expertises et une action plus lisible pour les assurés doit reposer sur un financement durable et non sur de simples reversements entre branches, tout en contribuant à une maîtrise responsable des dépenses.
L’UNSA estime par ailleurs nécessaire de reposer de manière responsable la question des exonérations de cotisations. Il ne s’agit pas de remettre en cause l’accompagnement des entreprises, mais de mieux cibler ces dispositifs. Les exonérations doivent être conditionnées à des critères économiques, sociaux et environnementaux afin de garantir leur utilité et leur contribution réelle à l’intérêt général.
Ces pistes démontrent qu’il existe des solutions concrètes pour préserver notre modèle social sans faire peser de nouvelles charges sur les assurés, déjà fortement mis à contribution ces dernières années par la baisse de certains remboursements, la hausse des franchises médicales et des participations forfaitaires.
Dans le contexte économique et social actuel, toute nouvelle réduction des droits ou des prestations serait inacceptable et risquerait d’aggraver encore les difficultés d’accès aux soins pour de nombreux Français.
L’UNSA réaffirme son attachement profond à la Sécurité sociale et à son modèle solidaire. Des solutions existent pour renforcer durablement les recettes, garantir l’avenir de notre système de protection sociale et préserver les prestations, sans imposer de nouveaux sacrifices aux assurés sociaux.
Crédit image : Freepik

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